La minérale place de la Concorde devrait retrouver sa verdure d'antan
La minérale place de la Concorde devrait retrouver sa verdure d'antan.
On se contente aujourd'hui de la traverser, à l'avenir on aura peut-être envie de s'y promener : le réaménagement de la place de la Concorde à Paris, entre les jardins des Tuileries et des Champs-Elysées, va bientôt démarrer pour lui redonner sa verdure d'autrefois.
La plus grande place de la capitale créée par Louis XV est aujourd'hui réduite à un "triste rôle de rond-point automobile", selon la mairie de Paris Anne Hidalgo, qui a dévoilé jeudi le projet lauréat de réaménagement de cet axe historique.
Au cœur du réaménagement : la végétalisation de l'ancienne place royale, en restituant les anciens fossés plantés en 1757 par l'architecte Ange-Jacques Gabriel, ses pelouses, et sa liaison à la Seine aujourd'hui entravée par les accès aux tunnels routiers sous-terrains.
"Un geste de verdissement à la fois audacieux et humble qui répond aux enjeux climatiques tout en préservant la cohérence historique" de la place classée monument historique depuis 1937, a salué l'édile socialiste.
Le projet a été choisi par un jury de la commission qu'elle a créée il y a un an, sous la présidence de l'ancien ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon et à laquelle ont participé l'animateur Stéphane Bern et le climatologue Jean Jouzel.
Aux quatre coins du site, le creusement et la végétalisation des fossés historiques "feront écho à ce qu'elle était au XVIIIe siècle", avant leur comblement au milieu du XIXe siècle, a expliqué l'architecte lauréat Philippe Prost.
Ils feront chacun 22 mètres de large - soit 2,8 hectares sur une superficie totale de 8 hectares - avec une profondeur variable en fonction du sous-sol, a ajouté Philippe Prost, concepteur notamment de l'Anneau de la Mémoire de Notre-Dame-de-Lorette dans le Pas-de-Calais.
Les fossés - sur lesquels on ne pourra pas marcher - permettront "de gérer les inondations, grâce à une capacité de stockage de cinq jours de pluies intenses", a précisé la paysagiste lauréate Anne-Sylvie Bruel, conceptrice de l'écoquartier de la Bottière-Chénaie à Nantes.
"La place va retrouver une partie de ses sols naturels et perméables", laissant espérer une diminution de la température au sol jusqu'à 8 degrés sur l'un des principaux îlots de chaleur de Paris, a expliqué Christophe Najdovski, adjoint à l'Hôtel de ville en charge des espaces verts.
Les célèbres pavés seront conservés, mais avec de nouveaux matériaux, plus clairs pour réfléchir les radiations solaires, selon Anne-Sylvie Bruel.
On pourra s'assoir sur une des quatre grandes pelouses ouvertes pour admirer l'obélisque de Louxor du terre-plein central. Mais sans compter en été sur l'ombre des arbres, qui resteront absents de la place, afin de ne pas masquer les grandes perspectives ni les façades de Gabriel, dont celle de l'Hôtel Crillon.
Quelque 130 arbres devraient en revanche être plantés le long des quais de Seine, que le projet veut rapprocher de la place, pour retrouver les promenades d'autrefois. Ce qui implique la suppression des trémies d'accès au sous-terrain de la Concorde permettant aux automobilistes de rejoindre la voie Georges Pompidou depuis l'avenue des Champs-Elysées, et entravent l'accès au fleuve.
Les trottoirs seront élargis sur les quais hauts, avec un escalier d'accès aux quais bas. Il y aura des voies de circulations dédiées aux bus et aux vélos, a ajouté Anne-Sylvie Bruel, sans plus de précisions.
Accédez à l'intégralité de l'article, choisissez un abonnement

La place de la Concorde en avril 2024