Ces villes où la politique anti-voitures fait marche arrière
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Ces villes où la politique anti-voitures fait marche arrière.
Strasbourg (AFP) - Voies rouvertes aux voitures, stationnement moins cher... au nom des commerçants ou du pouvoir d'achat, des maires élus en mars dernier ré-accueillent l'automobile en ville, souvent à rebours de leurs prédécesseurs qui privilégiaient l'écologie.
À Besançon, Ludovic Fagaut (Les Républicains) s'est fait élire sur la promesse de "mettre fin aux embouteillages" en rouvrant à la circulation certaines voies fermées aux voitures par l'ex-maire écologiste Anne Vignot.
L'une de ses premières mesures a consisté à rendre dix grands parkings du centre-ville gratuits pendant deux heures à la mi-journée, au nom du soutien au commerce.
Même son de cloche à Mulhouse, où le nouveau maire (divers droite) Frédéric Marquet a rouvert à la circulation automobile une artère d'un kilomètre desservant le marché couvert de la ville.
Il a fustigé la décision de l'administration précédente (divers droite également) de la réserver aux bus et aux mobilités douces, ce qui a, selon lui, "compliqué le quotidien de nombreux habitants, commerçants et visiteurs".
L'édile qui revendique sa proximité avec les commerçants jure ne pas être "pour une ville du tout-voiture". Mais "le pouvoir d'achat, il se situe à l'extérieur de notre ville" de 105.000 habitants, parmi les plus pauvres de France, soutenait-il en juillet. "Donc tous les gens qui ne viennent plus aujourd'hui, (...) ils font vraiment défaut".
"Il y a effectivement un retour en arrière" un peu partout sur les politiques de mobilité visant à ralentir le dérèglement climatique et améliorer la qualité de l'air, relève Mariane Thébert, géographe à l'université Gustave-Eiffel de Marne-la-Vallée.
C'est vrai dans les grandes villes, comme à Lyon où la métropole, passée à droite, a annoncé cet été le retour des voitures en centre-ville malgré l'opposition de la mairie, restée écologiste.
Mais ça l'est aussi dans de plus petites collectivités, où Mariane Thébert relève "plus de réticences à aller au bout des projets" de "politiques cyclables, aussi discrètes soient-elles", en raison d'un "coût politique à l'assumer".
Avignon, prise à la gauche par l'ex-journaliste Olivier Galzi, sans étiquette mais soutenu par des partis de centre-droit, est l'une des villes qui assume le plus le retour de la voiture : réouverture de plusieurs axes à la circulation, volonté de relancer un grand projet de contournement routier...
"On est partis du principe qu'il faut regarder la réalité des déplacements telle qu'elle est vécue par les habitants", justifie l'adjoint à la circulation, Nicolas Donnadille.
"Il ne s'agit pas de détricoter tout ce qui a été fait pour les transports doux, mais de donner sa place à la voiture aussi. Le ressenti qu'avait la population, c'est que la politique précédente était pour écarter la voiture de tous les déplacements", ajoute l'élu sans étiquette.
Lui préfère parler de "rééquilibrage", et promet que le développement des transports en commun et des mobilités douces n'est pas remis en cause.
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La rue Grenette à Lyon, le 23 juin 2026, fermée à la circulation depuis 2025 par l'ancienne municipalité écologiste, et que la nouvelle municipalité a décidé de rouvrir aux voitures - OLIVIER CHASSIGNOLE (AFP)