Un Français sur quatre se sent seul : le rôle clé du voisinage et des associations
Si vous ne connaissez pas un mot, surlignez-le avec votre souris et cliquez sur “Translate” pour le traduire dans la langue de votre choix.
Un Français sur quatre se sent seul : le rôle clé du voisinage et des associations.
Paris (AFP) - Un Français sur quatre se sent seul, un sentiment particulièrement fort en ville : face à ce constat, associations et voisinage ont un rôle clé, souligne la Fondation de France dans son enquête annuelle sur la solitude, réelle "souffrance" pour ceux qui la subisse.
Sans emploi malgré un diplôme en marché de l'art, Sarah Victor, une Parisienne de 37 ans, connaît ce sentiment. "Je ne suis pas isolée, car j'ai une famille, mais je me sens seule. Je peux parfois n'avoir aucune échange de la journée", explique celle qui entretient une relation à distance avec un homme en Israël.
Le sentiment de solitude, subjectif et souvent source de "souffrance", est plus fort dans les grandes agglomérations de plus de 100.000 âmes, où il toucherait plus d'un habitant sur quatre (28%) contre un sur cinq (21%) en zone rurale, selon l'étude de la Fondation de France, publiée jeudi à la veille de la Journée mondiale des solitudes.
L'isolement, constat objectif liée à la rareté des liens avec d'autres, est plus prononcé en ruralité, où il touche 14% des habitants.
Globalement, un Français sur dix est "isolé", sans aucun réseau de sociabilité (famille, amis, collègues, voisins, associations). En ajoutant ceux qui n'en ont qu'un seul, c'est un tiers de la population (32%) qui est isolée ou proche de l'isolement.
Les amis et les voisins génèrent le plus de contacts réguliers, avant la famille : 58% des personnes voient régulièrement leurs amis, 54% leurs voisins, 52% leur famille.
Les associations, elles aussi, sont un "espace majeur d'ancrage" en assurant "une sociabilité stable et régulière, essentielle au maintien dans la vie sociale des personnes seules et isolées", souligne l'étude.
L'enquête insiste sur "l'importance des petits gestes entre voisins". Ce sont ces liens que cherche à encourager l'association Entourage : elle propose une appli qui met en relation, grâce à la géolocalisation, des personnes proches pour des activités ou des échanges.
À l'origine, l'outil vise à mobiliser autour de personnes précaires et à la rue des voisins pouvant leur rendre service ponctuellement ou leur parler.
Forte de 200.000 comptes créés, dont 10.000 engagés, dans dix villes de France, elle propose des "événements de convivialité" par quartier, gratuits, en "mixité sociale" : jeux de société ou karaoké, football, pétanque, "causerie conviviale", petits déjeuners. Sur un fil de discussion, chacun peut proposer un café ou une simple discussion.
"Entourage est comme une famille", souligne Sarah Victor, qui participe aussi à ces "papotages en ligne" mais aussi aux karaokés et à des maraudes. "Aller parler avec un sans-abri dans la rue m’a donné un vrai bien-être, un sentiment d’être utile. J’ai décidé de devenir bénévole", explique-t-elle.
Pour la Fondation de France, prendre un engagement bénévole est un "point de bascule" permettant à la personne de "retrouver une capacité d'action" et d'être "reconnue". "Les personnes se sentent utiles et valorisées et reprennent confiance en elles et dans les autres, élargissent leur réseau social", explique Anne Cornilleau, responsable de l'étude.
Accédez à l'intégralité de l'article, choisissez un abonnement
Un Français sur dix est "isolé", sans aucun réseau de sociabilité (famille, amis, collègues, voisins, associations). En ajoutant ceux qui n'en ont qu'un seul, c'est un tiers de la population (32%) qui est isolée ou proche de l'isolement - Christophe ARCHAMBAULT (AFP)