Moqueries, mise à l'écart... : des salariés LGBT+ témoignent d'un climat hostile au travail
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Moqueries, mise à l'écart... : des salariés LGBT+ témoignent d'un climat hostile au travail.
Paris (AFP) - "J’ai été victime de lesbophobie par un ancien patient et tout le monde s’en fiche" : Charlie, infirmière de 24 ans, a été agressée verbalement sur son lieu de travail, comme 36% des salariés LGBT+, alerte une association.
Lorsqu'elle en a parlé à ses collègues, ils n'ont pas réagi : "visiblement cette situation était risible".
L’association L'autre cercle estime que le climat se durcit vis-à-vis des personnes LGBT+ dans le monde du travail, et dénonce une banalisation des propos hostiles et une hausse des discriminations.
"Ce climat est inquiétant", commente auprès de l'AFP Guillaume Savoie, vice-président de L'autre cercle, qui défend l'inclusion des personnes LGBT+ dans les milieux professionnels.
Moqueries, mises à l'écart, actes de violence physique comme une empoignade : 36% des salariés LGBT+ disent avoir été victimes d'au moins une agression sur leur lieu de travail, une hausse de 8 points par rapport à 2024, selon une enquête Ifop menée début 2026 et publiée mercredi pour l'association auprès d'un échantillon national représentatif de 10.185 salariés, dont 942 LGBT+ (personnes homosexuelles, bisexuelles et transgenres).
Comme Louis Lesage-Drubay, 20 ans, étudiant salarié chez Carrefour à Lille, il y a quelques mois : un groupe de trois filles "m'ont filmé, ont fait des remarques sur mes piercings. L’une d’entre elle m'a insulté et est revenue vers ma caisse en tentant de m'attaquer physiquement".
Il précise n'avoir reçu aucun soutien de la part de sa hiérarchie mais "un courrier d'avertissement avec une convocation avec le directeur".
Plus d'un tiers des salariés LGBT+ (37%) disent également avoir été victimes de discrimination de la part de leur direction, une augmentation de 12 points par rapport à 2024.
Cette montée de l'hostilité vis-à-vis des personnes LGBT+ "va de pair avec celle du sexisme et du masculinisme", estime auprès de l'AFP Catherine Tripon, porte-parole de L'autre cercle. "Là où on travaille, c'est le reflet de la société mais si l'organisation signale qu'il y a des lignes à ne pas franchir, les salariés le respectent".
Parmi les salariés français, 31% disent qu'ils seraient mal à l'aise face au coming out d'un collègue, une proportion en progression de 6 points.
Signe encourageant, 72% des salariés LGBT+ ne cachent pas leur orientation sexuelle aujourd'hui à leur travail, selon L'autre cercle.
Néanmoins, un climat défavorable peut inciter certains d'entre eux à ne pas dévoiler leur orientation sexuelle ni leur vie privée, selon L'autre cercle. Conséquences : un isolement potentiel de la personne concernée et un renoncement à certains droits, comme celui d'inscrire son conjoint sur sa mutuelle ou de bénéficier de jours de congés supplémentaires pour son mariage.
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L’association L'autre cercle estime que le climat se durcit vis-à-vis des personnes LGBT+ dans le monde du travail, et dénonce une banalisation des propos hostiles et une hausse des discriminations - Pau BARRENA (AFP)