La folie du padel gagne le Royaume-Uni, non sans quelques résistances

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La folie du padel gagne le Royaume-Uni, non sans quelques résistances.

Londres (AFP) - Au Royaume-Uni, pays à la longue tradition tennistique, le padel connaît depuis peu un véritable engouement. Mais le développement de ce sport se heurte à des résistances dans certains quartiers, où il rogne sur des espaces publics.

Laura Latham a commencé à pratiquer il y a un an. "Je n'avais jamais tenu une raquette de toute ma vie (...) et j'ai adoré", confie à l'AFP cette fonctionnaire de 42 ans, qui vit à Stockport, près de Manchester.

"Cela peut sembler cliché, mais j'ai été accueillie au sein d'une communauté incroyable de gens formidables (...) C'est juste génial", explique-t-elle.

Elle fait partie d'un nombre croissant d'adeptes du padel, sport en plein boom au Royaume-Uni après être longtemps resté en retrait par rapport à d'autres pays européens.

Croisement entre le tennis et le squash, le padel se joue en double sur des terrains entourés de parois en verre ou de grillages.

Les nouveaux convertis louent un sport convivial et facile d'accès même pour les débutants. D'autres y voient un effet de mode, un passe-temps coûteux, une source de nuisances sonores.

- 2.000 terrains -

L'ouverture de nouveaux terrains provoque parfois des réactions hostiles localement, comme dans certains quartiers de Londres.

"C'est un sport soutenu par des fonds spéculatifs, qui s'empare des espaces locaux et remplace d'autres sports", se plaint Agnieszka Wood, 52 ans, qui s'est mobilisée - en vain - pour empêcher la transformation d'un skatepark très populaire à Barking, dans l'est de la capitale, en terrains de padel.

La fermeture du skatepark a suscité "une énorme, énorme opposition de la part des gens qui le fréquentaient", raconte aussi à l'AFP la musicienne et skateuse Eleanor Dunlop, 29 ans, qui a codirigé la campagne de mobilisation. 

"On perd vraiment des lieux, des tiers‑lieux, où l'on peut venir sans subir une pression énorme pour dépenser de l'argent", déplore-t-elle.

A Bethnal Green, autre quartier de l'est de la capitale, l'installation par les autorités locales d'un terrain temporaire de padel dans un espace ouvert, prisé des adeptes de rollers, skateboard et basket, a aussi suscité le mécontentement de certains habitants. Une pétition exigeant son retrait a recueilli près de 4.000 signatures.

Mais Agnieszka Wood le reconnaît: même ses enfants aiment jouer au padel.

À Stockport, Laura Latham dit payer 11 livres (13 euros) pour certaines parties en heures creuses, et 5 livres supplémentaires aux heures de pointe. A Londres, le coût est généralement plus élevé.

Mais le prix ne semble pas freiner le développement de ce sport, qui compte désormais plus d'un million de pratiquants dans le pays, avec près de 2.000 terrains, selon la Lawn Tennis Association (LTA). Contre 400.000 joueurs et 870 terrains à la fin 2024.

À l'échelle mondiale, le nombre de joueurs actifs est estimé à près de 20 millions, selon le Global Padel Report 2026.

- Toucher un plus large public -

Si le padel est solidement installé en Italie, Espagne, Portugal et Argentine, le Royaume-Uni est devenu l'un des "hotspots tirés par la demande", selon un récent rapport de l'application de sports de raquette Playtomic et d'une branche du cabinet de conseil PwC.

"Le padel puise dans l'héritage bien ancré des sports de raquette au Royaume‑Uni", souligne le consultant Ray Algar, qui a rédigé le UK Padel Report 2026.

Soul Padel fait partie des entreprises à l'origine du boom britannique. Elle a ouvert 16 terrains payants répartis sur quatre sites en Angleterre et en Écosse, et sept autres doivent ouvrir prochainement, notamment dans des villes post-industrielles du Nord.

"Notre point de vue était que le sport s'était bien implanté au Royaume‑Uni mais (...) dans des zones aisées", explique Mark Hewlett, fondateur et PDG de Soul Padel.

"Nous avons donc regardé les choses différemment", poursuit‑il, avec l'objectif de toucher un "large éventail" de publics. L'entreprise propose divers programmes ciblés, pour les plus de 50 ans, pour les célibataires ou pour les femmes.

This article was published Tuesday, 20 October, 2026 by AFP (634 words)
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Agnieszka Wood, fondatrice de "Everyone On Board" au skatepark de City Mill Pool Street, dans l’est de Londres, le 21 septembre 2026 - HENRY NICHOLLS (AFP)

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