Entrées au patrimoine mondial, les œuvres du miniaturiste afghan Behzad donnent espoir et liberté

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Entrées au patrimoine mondial, les œuvres du miniaturiste afghan Behzad donnent espoir et liberté.

Hérat (AFP) - Conservées dans les plus prestigieuses bibliothèques mondiales, source d'inspiration pour le peintre Matisse, les miniatures de l'artiste afghan Behzad viennent d'entrer au patrimoine mondial de l'humanité, une lueur de joie, de liberté et d'espoir à Hérat, sa ville natale.

Assis en tailleur sur un tapis rouge, au milieu de pinceaux ultra-fins et de palettes de couleurs, Mohammad Younes Qane, 45 ans, trace la crinière d'un cheval, la rainure d'une feuille ou les perles d'un collier.

Marqué par les peintures miniatures de Kamal ud-Din Behzad (vers 1450-vers 1535) depuis l'âge de 14 ans, cet homme est l'un des passeurs de cette forme d'art centenaire en Afghanistan. 

"Quand je peins, je replonge 500 ans en arrière, dans les rues de Hérat à l'époque", quand les sultans timourides soutenaient les artistes comme Behzad ou le poète et religieux soufi Djami, dit-il en souriant.

Au carrefour de routes commerciales entre Chine, Europe et Moyen-Orient, Hérat (ouest), "était la Florence du monde islamique, une capitale mondiale de la peinture, de la musique et de la philosophie entre 1404 et 1507", raconte Michael Barry, spécialiste mondial des miniatures.

Behzad, contemporain des maîtres italiens Leonardo Da Vinci et Sandro Botticelli, y fit souffler un style nouveau, avant de travailler à Tabriz, en Iran.

"Avant lui, les visages étaient figés, les peintures sans âme", remarque Ahmad Jawid Zargham, ex-directeur du département des arts et de la culture de Hérat. 

"Behzad a introduit des scènes de la vie quotidienne de gens ordinaires, on y voit des filles et des garçons qui étudient, des ouvriers dans la construction", pas uniquement des personnages royaux ou religieux, poursuit-il.

Cinq siècles se sont écoulés depuis la mort de Behzad. Passé sous différentes dynasties, convoité et occupé par Britanniques, Soviétiques ou Américains, l'Afghanistan a vécu des décennies de guerre et pleuré des morts par millions.

Depuis leur retour au pouvoir en 2021, les autorités talibanes ont interdit aux femmes d'étudier au-delà de 12 ans. La musique est bannie dans l'espace public comme la représentation d'êtres vivants. Des centaines d'artistes vivent en exil.

La miniature de style Behzad continue toutefois d'être "pratiquée, reconnue et transmise", a souligné en décembre l'Unesco en classant cette "expression culturelle vivante" au patrimoine immatériel de l'humanité.

"Par ces temps sombres, c'est une nouvelle qui apporte de la joie, un signe d'espoir", témoigne M. Qane. 

This article was published Saturday, 7 February, 2026 by AFP (389 words)
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Des motifs floraux et géométriques imaginés par Behzad ornent la grande mosquée aux céramiques bleutées de Hérat, en Afghanistan, le 8 janvier 2026 - Wakil KOHSAR (AFP)

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