Carburants : l'exécutif sur tous les fronts
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Carburants : l'exécutif sur tous les fronts.
Paris (AFP) - Agir sur les aides mais aussi sur les approvisionnements : le couple exécutif se déploie cette semaine pour tenter de calmer la grogne sociale sur les carburants, dont les prix flambent et entament le pouvoir d'achat, devenu un thème majeur de la campagne présidentielle.
Sébastien Lecornu tiendra lundi deux réunions à Matignon avec des ministres : l'une le matin avec les directeurs d'administrations centrales sur les approvisionnements en pétrole et en gaz, perturbés par une guerre au Moyen-Orient qui s'éternise, et l'autre l'après-midi dédiée à "l'accompagnement à court et moyen terme" des Français face à l'envolée des prix à la pompe.
Emmanuel Macron sera lui interviewé jeudi à 20H00 par TF1 et France 2, dans un contexte où le chef de l'Etat multiplie les alertes sur les tensions géopolitiques, qu'il s'agisse de la Russie ou du Moyen-Orient.
Il a déjà réuni vendredi les chefs de parti ou candidats à la présidentielle à l'Elysée puis tenu dans la foulée une conférence de presse, dressant un tableau durable de la menace "hybride" russe et de la crise des prix du carburant.
Dans cet environnement international très contraint, le gouvernement étudie les modalités de nouvelles aides pour compenser les prix à la pompe, qui se sont encore envolés ce week-end, outre ceux de certains produits alimentaires percutés par la sécheresse qui touche le monde agricole.
Le prix du gazole évoluait dimanche à près de 2,41 euros en moyenne en France, selon une analyse par l'AFP des données publiques, un nouveau record en pleine crise géopolitique où les approvisionnements sont fortement perturbés.
Côté essence, le SP95-E10, carburant le plus vendu en France, évolue depuis plus d'une dizaine de jours au-dessus de son pic de 2022. Dimanche matin, il était vendu en moyenne à plus de 2,17 euros le litre, et le SP98 à 2,28 euros.
Cette flambée des prix alimente une grogne sociale qui s'est déjà manifestée la semaine dernière par des blocages de dépôts pétroliers par des pêcheurs en Méditerranée.
Plusieurs candidats à l'Elysée ou responsables politiques craignent la résurgence de mouvements du type Gilets jaunes, qui protestaient à l'époque contre la hausse d'une taxe sur les carburants, alors que cette fois la hausse des prix tient à une guerre lointaine, insiste l'exécutif.
Mais sa marge de manœuvre est faible compte tenu de la dégradation des finances publiques, avec un endettement qui s'annonce record l'an prochain et des taux d'intérêt qui grimpent.
Le gouvernement a déjà prolongé jusqu'à la fin de l'année les aides aux secteurs les plus exposés, notamment l'agriculture, le BTP et les pêcheurs.
Mais il n'a rien dit encore sur le devenir de l'aide aux "gros rouleurs", à laquelle seule une petite moitié des trois millions de Français éligibles ont eu recours.
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Les prix du carburant affichés dans une station-service Avia à Paris, le 18 septembre 2026 - Kenzo TRIBOUILLARD (AFP)